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Négocier avec les djihadistes maliens : Le président IBK se fourvoie

Le président malien, Ibrahim Boubacar Keita, le 13 avril 2017 à Paris. ©Présidence Mali/Nord Sud Journal

«IBK est dans le déni des réalités». Ces propos de l’ancienne ministre Mme Sy Kadiatou Sow traduisent à suffisance, aujourd’hui, l’incompréhension des Maliens après les sorties médiatiques du président de la République sur les conclusions de la Conférence d’entente nationale tenue à Bamako du 27 mars au 2 avril 2017. IBK a, en effet, réfuté lors de ces récentes interviews le souhait des participants de négocier avec les djihadistes maliens. C’était d’ailleurs l’une des recommandations fortes des assises qui a été relayée par la presse, même si le chef d’Etat vient de déclarer qu’elle n’était pas actée dans aucun document.

Ibrahim Boubacar Kéïta multiplie, ces derniers temps, les sorties médiatiques. Une question revient régulièrement lors de ces sorties : la recommandation de la Conférence d’entente nationale invitant les autorités maliennes à dialoguer avec les djihadistes maliens. Lors du déplacement à Gao d’Emmanuel Macron, le président de la France, IBK a accordé une interview à la Radio France Internationale(RFI) au cours de laquelle  le journaliste rappelle : «Il faut dialoguer avec les extrémistes religieux du Nord-Mali, en l’occurrence Iyad Ag Ghali », dit l’une des recommandations de la Conférence d’Entente Nationale du 27 mars dernier. Qu’est-ce que vous en pensez ?».

La réponse du président du Mali est sans équivoque : «aucune recommandation de la Conférence d’entente n’a dit cela. La Conférence d’entente nationale n’a pas été actée. Un des participants à la Conférence d’entente nationale a tenu de tels propos. C’est son souhait, sa liberté mais cela n’a pas été acté comme résolution de la Conférence d’entente nationale… ».

A quelques jours d’intervalle de ses propos, le président malien  récidive. Dans une interview sur la chaine Qatari, Al-Jazira, en marge du Sommet Islamo-arabo-américain, le journaliste lui pose la question suivante : Qu’en est-il de la résolution de la Conférence d’entente nationale qui prescrit de négocier avec Iyad Ag Ghali et Amadou Kouffa ?

Et la réponse d’IBK est toute sèche : «Non ! La Conférence n’a pas réclamé cela. C’est les propos d’un intervenant, cela n’a pas été acté ou suggéré par la Conférence. On ne peut pas considérer cela comme un acte de la conférence».

Mais le président IBK a tout faux. La recommandation de négocier avec les djihadistes maliens, un souhait exprimé à maintes reprises par l’ancien ministre malien Tiébilé Dramé et l’imam Mahmoud Dicko, le président du Haut Conseil Islamique (HCI),  a été bel et bien actée.

Il suffit juste de lire les recommandations générales de la conférence pour s’en rendre compte. Il est écrit, noir sur blanc, dans «le Chapitre 6.6 portant sur la paix et la réconciliation nationale à la page 89 ; Alinéa  12 (négocier avec les belligérants du centre en l’occurrence Ahmadou Kouffa tout en préservant…..). Mieux, l’alinéa 13 du même document revient sur la requête de dialoguer en invitant à «négocier avec les extrémistes religieux du Nord notamment Iyad Ag Ghaly tout en préservant le caractère laïc de l’État».

De nombreuses personnalités se demande à quoi joue le président Ibrahim Boubacar Kéïta en niant des faits irréfutables, surtout qu’ils se sont déroulés devant les yeux du monde entier. Mme Sy Kadiatou Sow a bien fait de dire : « c’est une insulte à l’endroit des participants à la Conférence d’entente nationale…On est en droit de se demander si cette conférence était si importante pour le président de la République».

Le Républicain

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