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Mali-Burkina Faso: Un groupe djihadiste ferme plusieurs dizaines d’écoles sur la frontière

@DR

Depuis décembre 2016 les hommes de Ibrahim Dicko dit Malam, le djihadiste burkinabé et chef de la Katibat Ansaroul Islam obligent les enseignants à fermer les écoles dont ils jugent l’enseignement est occidentalsé.

Le 25 janvier dernier aux environs de 17h50, quatre hommes sur des motos, armés des kalachnikovs et lances roquets ont fait irruption dans le village de Pelem-pelem en territoire burkinabè avant de se diriger vers l’école du village. Mahamady TOURE, directeur de l’école était présent ce jour. « Les djihadistes s’exprimaient en peulh et parfois en Moré, l’une des langues principales du Burkina Faso. Ils m’avaient demandé de fermer l’école car l’enseignement dispensés est contraire à l’Islam», explique t-il. Avant d’ajouter: « Ils m’ont dit aussi qu’ils ont dans leurs collimateurs, les militaires et leurs informateurs locaux car ils sont des cafres ». Le lendemain, Mahamady Touré exécute les ordres avant de quitter le village pour se rendre à Djibo

Dans cette région, Mahamdou Touré n’était pas le seul à recevoir les intimidations des hommes du groupe Ansaroul Islam.

Boko Haram burkinabé

Fin janvier, dans le village de Lassa, non-loin de Pelem-Pelem, Salifou Gansoré, directeur de l’école du village a lui aussi reçu la visite de ces nouveaux djihadistes Burkinabès pour les mêmes raisons. Pourtant les forces de l’ordre et de sécurités sont bien informées sur les activités djihadistes. «  Ces individus exigent seulement l’enseignement coranique ou la fermeture de l’école », lance une source sécuritaire en poste à Djibo, une ville burkinabè près de la frontière avec le Mali.

Dans le cercle de Douentza, ils ont réussi à fermer plusieurs dizaines d’école

Dans cette zone, Ansaroul Islam est bien connu de tous depuis le 16 janvier dernier. Ce jour-là, les hommes de Ibrahim Dicko alias Malam, un natif du village de Soboule, ont attaqué une position de l’armée burkinabè à Nassoumbou, près de la frontière Mali-Burkina en faisant une douzaine de mort parmi les soldats. L’attaque a été revendiquée sur la page Facebook du groupe. Depuis Ansaroul Islam a pris du poids et maintient une forte pression sur la population et les gouvernements burkinabè et mais aussi malien. La fermeture des écoles par ce nouveau Boko Haram du Burkina Faso ne concerne pas que le pays de Thomas Sankara, mais aussi le Mali voisin. Dans le cercle de Douentza, les hommes de Malam, (qui veut dire Mu’alam, l’enseignant en arabe) ont réussi à fermer plusieurs dizaines d’école dans la localité de Mondoro, Mougnoukana, Boulikessi, Hombori, Bamba, Kobou, Diounounga, Serma, Boni, Ebang Imalan.

Riposte

De part et d’autres de la frontière, plusieurs dizaines d’écoles ont fermé leurs portes à cause de l’insecurité. Les directeurs des écoles avaient deux choix : La première option est d’abandonner l’enseignement tel que prévu par les programmes des gouvernements au profit du Coran et la pratique de l’islam version salafiste, ce que demande d’ailleurs les djihadistes, et la seconde option est de fermer simplement les portes des écoles.

Il y a plus de 800 écoles fermées depuis 2012

Cette dernière option est encouragée par les autorités burkinabés dont le ministre de l’éducation, Martin Coulibaly s’était rendu à Djibo le 30 janvier dernier pour rencontrer les enseignants et les directeurs des écoles désormais refugiés dans cette ville. « Il faut rester dans les villes sécurisées en attendant que nous remettrons la sécurité dans vos localités. Nous allons tout faire pour que vous exercez votre noble métier dans la sécurité », déclarait Martin Coulibaly aux directeurs d’écoles. Alors que côté malien, si aucun ministre ne s’était rendu à la frontière pour constater les dégâts, le ministère de l’éducation est bien infermé de l’état de la situation. « Il y a plus de 800 écoles fermées depuis 2012. Pourqu’on puisse faire quelques choses, il faut la sécurité qui dépend du ministère de la défense », explique Amadou A Alpha, directeur de cabinet du ministre malien de l’éducation lors d’une rencontre avec des jeunes en avril 2016.

En attendant que les ministères des défenses et des sécurités intérieurs de deux pays s’organisent pour la riposte, c’est bien les hommes de Ibrahim Dicko qui règnent en maitre sur la frontière Mali-Burkina. Le Boko Haram du Burkina Faso est désormais en marche.

Nord Sud Journal 

 

 

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